Anlape
Dernière mise à jour : 28 nov. 2025
Written by Clélia Abadie.
Date : 850 BC - 1619 AD

Region: North Coast of Peru

The archaeological site of Anlape is located in the district of Guadalupe, in the valley of Jequetepeque on the north coast of Peru, an environment with an arid climate that allows for the good conservation of organic matter. It includes structures from different periods: a pre-Hispanic mound (dated to the Lambayeque period, 850 – 130 AD), associated with a colonial church and a monastery of the Augustinian Order. The historical archives inform that this religious mendicant order was established on this site in 1561 and that Anlape became one of the first and largest sanctuaries dedicated to the worship of the Virgin of Guadalupe in the Viceroyalty of Peru (Ascencio and Espinosa 2024). The church of Anlape therefore had a strong religious importance from the beginning of the Colonial Period (1532 – 1821), only about thirty years after the arrival of Francisco Pizarro in Peru. However, the historical archives report several episodes of destruction and reconstruction of the church, that was finally abandoned after the earthquake of February 14, 1619. The current church in the city of Guadalupe is thought to be a replica of this church (ibid.).
The Franco-Peruvian Guadalupe Archaeological Program, led by Dr. Alicia Espinosa (University Paris 1 Panthéon-Sorbonne) and Jefrin Ascencio (Universidad Nacional Toribio Rodríguez de Mendoza de Amazonas), which presents a multidisciplinary and collaborative approach with local communities, is also part of a young discipline: historical archaeology. It aims to study the transition between pre-Hispanic and colonial periods in northern Peru and the changes that occurred there. The period of the Peruvian Viceroyalty is known only from Spanish sources. This period mark radical changes within the lives of native populations, upon whom is imposed a new way of life, evangelization, the regulation of funeral practices by the Limenian councils (1551; 1570; 1580) and episodes of eradication of idolatry (Duviols 2003). At the same time, African slaves populations were forcibly displaced to Peru to serve as workers, particularly in the haciendas (agricultural properties based on forced labor). However, this period of profound changes is only documented from the side of the occupants, the Spaniards, and not the occupied.
Historical archaeology aims to study this transitional period of the first colonial years directmy through excavation contexts (Ascencio et al. 2021). Over the past twenty years, excavation projects of 16th century (1500s) colonial contexts in Peru have highlighted a certain resistance in Andean traditions (Klaus 2016; Quilter 2016). Therefore, rather than a radical disappearance of pre-Hispanic practices and beliefs, researchers see a kind of "syncretism" between these different traditions. Thus, for the Anlape site, the research is oriented towards the impacts of the Conquest and the imposition of the colonial regime on the native and enslaved populations (as well as their descendants). One of the major points of interest at Anlape is the presence of a church containing burials from the early colonial years. Studying these contexts provides a direct insight into the funerary translation of evangelization.
References cited: see below the French text

Anlape
Rédigé par Clélia Abadie.
Le site archéologique d’Anlape se situe dans le district de Guadalupe dans la vallée de Jequetepeque sur la côte Nord du Pérou, un environnement au climat aride qui favorise la bonne conservation des matières organiques. Il comprend des structures de différentes périodes : un monticule préhispanique (daté de la période Lambayeque 850 – 130 apr. J.-C.), associé à une église coloniale et un monastère de l’Ordre des Augustins. Les archives historiques informent que cet ordre mendiant religieux s’est établi sur ce site en 1561 et qu’Anlape est devenu l’un des premiers et des plus grands sanctuaires dédiés au culte de la Vierge de Guadalupe dans le Vice-Royaume du Pérou (Ascencio et Espinosa 2024). L’église d’Anlape avait donc une forte importance religieuse dès le début de la Période Coloniale (1532 – 1821), une trentaine d'années seulement après l’arrivée de Francisco Pizarro au Pérou. Cependant, les archives historiques rapportent plusieurs épisodes de destructions et de reconstructions de l’église, avant d’être abandonnée à la suite du tremblement de terre du 14 Février 1619. L’église actuelle de la ville de Guadalupe serait alors une réplique de cette église (Ibid).
Le Programme Archéologique Guadalupe franco-péruvien dirigé par la Dr. Alicia Espinosa (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Jefrin Ascencio (Universidad Nacional Toribio Rodríguez de Mendoza de Amazonas) qui présente une approche pluridisciplinaire et collaborative avec les communautés locales, s’inscrit également dans une discipline jeune : l’archéologie historique. Il a pour objectif d’étudier la transition entre la période préhispanique et coloniale dans le nord du Pérou et les changements qui s’y produisent. La période historique du Vice-Royaume du Pérou est connue uniquement par des sources espagnoles. La vie des populations natives se voit changer radicalement avec l’imposition d’un nouveau mode de vie, mais aussi et surtout avec l’évangélisation, la régulation des pratiques funéraires par les conciles liméniens (1551 ; 1570 ; 1580) et les épisodes d’extirpation d’idolâtrie (Duviols, 2003). Parallèlement, des populations d’esclaves africains ont été déplacées de force au Pérou pour servir en tant que main-d’œuvre notamment dans les haciendas (propriétés d’exploitation agricoles fondées sur travail forcé). Pour autant, cette période de profonds changements n’est documentée que du côté des occupants, les Espagnols, et non des occupés.
L’archéologie historique a pour intérêt et objectif d’étudier directement cette période de transition des premières années coloniales par l’intermédiaire des contextes de fouilles (Ascencio et al., 2021). Depuis une vingtaine d'années, des projets de fouilles de contextes coloniaux du 16e siècle (années 1500) au Pérou mettent en lumière une certaine résistance dans les traditions andines (Klaus, 2016 ; Quilter, 2016). Dès lors, plutôt qu’une disparition radicale de pratiques et croyances préhispaniques, les chercheurs voient une sorte de « syncrétisme » entre ces différentes traditions. Ainsi, pour le site d’Anlape, les axes de recherche sont orientés sur les impacts de la Conquête et l’imposition du régime colonial sur les populations natives et les populations d'esclaves (et leurs descendants). L’un des intérêts majeurs d'Anlape est la présence d’une église comprenant des contextes funéraires des premières années coloniales. Étudier ces contextes, c’est avoir un regard direct sur la traduction du processus de l’évangélisation.
Bibliography :
Ascencio, J., Sánchez, J., Rojas, H. (2021). Anlape : Una iglesia colonial en el distrito de Guadalupe, costa norte del Perú. In Quingnam, 2021, p. 60-90
Ascencio, J., Espinosa, A. (2024). Los albores del proyecto de investigación arqueológica Guadalupe, Valle de Jequetepeque. In Arqueolizándonos, Revista Arqueológica de divulgación científica, Edición 2, II Trimestre, Mayo – Agosto 2024, Trujillo, Perú, p. 14-17
Duviols, P. (2003). Procesos y Visitas de Idolatrías. Cajatambo, Siglo XVII. Segunda Edición. Lima : Pontificia Universidad Católica del Perú e Instituto Francés de Estudios Andinos, 2003, 882 pp.
Klaus, H. (2016) Vida y Muerte en el Perú Colonial : Inicios de la Bioarqueología en Lambayeque Histórico (1536-1750 d.C.). In Boletín de Arqueología PUCP. Nro. 20 (2016) : Arqueología Histórica del Perú (Primera Parte). Fondo Editorial Pontificia Universidad Católica del Perú, Lima-Perú.
Quilter, J. (2016). Magdalena de Cao y la Arqueología Colonial en el Perú. In Boletín de Arqueología PUCP. Nro. 21 (2016): Arqueología Histórica del Perú (Segunda Parte). Fondo Editorial Pontificia Universidad Católica del Perú, Lima-Perú




