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Néïs Demellier

9 oct. 2025
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 nov. 2025

Gratuated with a Master degree in Archaeology at University Paris 1 Panthéon Sorbonne, my main research interests are focused on coastal arctic environments. During my degree, I investigated the interactions between humans and non-human animals on the Alaskan coast. To do so, I studied several corpus of organic remains preserved thanks to the permafrost. These organic remains contained mainly baleen, but also skins, furs and feathers that carry information relative to the past environments and human-animal interactions such as subsistence and craftsmanship.





For this project, I personally chose the sites of Sun’alleq, Klondike Gold Rush, the Canadian Boarding Schools and South Aulatsivik.


Illustrations by © Camille Noureddine.
Illustrations by © Camille Noureddine.

I have had the last one (South Aulatsivik) in mind since the first discussions we had about this project. More precisely, I wanted to include the House 4 from the South Alautsivik 6 site (HdCi-20), which is located on South Aulatsivik island, in the Newfoundland and Labrador province. Dated from the 19th century, this house documents the Nunatsiavumiut domestic habits during the moravian colonisation. Its excavation and study took place within Heloïg Barbel’s PhD project (Laval University), in collaboration with the Nunatsiavut Government Archaeology Office. This project is rooted in a decolonial conception of archaeology and aims to question the dominant narratives regarding the colonial period, mobilizing local knowledge and memory as well as archaeological heritage. This example illustrates the importance there is to study archaeological remains from colonial times. Indeed, these material archives allow us to reconsider discourses on the colonial past by shifting the focus away from written records, thus constructing it not on the basis of colonial documents but with the people who resisted these endeavors.

 

In Nunatsiavut, colonization is led by the exploitation of local resources. The same motives can be found when looking at Russian colonization in Alaska, as evidenced by the site of Sun’alleq. These two sites – but also the Klondike Gold Rush one, which is linked to the Gold Rush era – illustrate the importance and the impact of capitalism within the European colonialization: from western to eastern North America, settlers try and get benefits from the land they steal. Archaeological excavations in Aulatsivik and Sun’alleq give precious insights on the part native people played within these economies, and allow to highlight Indigenous resistance strategies and the colonial systems failings.

 

The Klondike Gold Rush National Historical Park acts as a time capsule, offering the public the opportunity to wander among archaeological remains left in situ. It is not a single site, but a series of scattered sites along the trail used by prospectors to cross the mountains. It represents a migratory movement, a flow of people whose arrival north of the mountains marks a crucial turning point in the history of Alaska and Yukon territories. This example addresses the impact of colonization on the ways in which territories were inhabited, on movements, representations and conceptions of space – a theme developed by Eloïg Barbel in relation to the impact of Moravian colonization on the traditionally nomadic lifestyle of the Nunatsiavummiut.

 

Last but not least, Canadian residential schools (or Canadian Boarding Schools) are a particularly telling example of colonial violence, its proximity in time, its repercussions in the present, and the role that archaeology can play in recognizing and trying to compensate these actions. Several Indigenous communities have worked with archaeologists to use geophysical survey methods in order to locate and count the missing children graves associated with the residential schools. In most cases, these deaths and burials are not inscribed in written records, which is why archaeology plays an important role in the process of documenting them. Currently, the institutional violence of the Indian Residential School System in Canada is not yet fully recognized, despite its traumatic consequences for victims and their communities.

 

I hope this project has given you an opportunity to learn more about the colonial and recent history of America, as well as how this history is written and the role that archaeology can have. The sites chosen do not paint an exhaustive picture of the history of the northern part of the continent, but they do allow us to address several aspects of this recent and colonial past. If you wish, I invite you to learn more about this period, to read the resources cited, and to contact me if you have any questions or comments.

 

To contact me :



Diplômée d’un Master d'Archéologie à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, je m’intéresse aux milieux côtiers de l’Arctique. En Master, mes recherches ont porté, à travers l’étude de vestiges organiques conservés dans le pergélisol, sur les interactions entre les groupes humains et les animaux non-humains sur le littoral Alaskien. Ces corpus de vestiges organiques comprenaient principalement du fanon, mais aussi des peaux, fourrures et plumes porteuses d’informations sur les environnements passés et les interactions humain-animal, comme les pratiques de subsistance et d’artisanat.


 

Pour ce projet cartographique, j’ai choisi les sites de Sun’alleq, Klondike Gold Rush, les Canadian Boarding Schools et South Aulatsivik.

 

Illustrations by © Camille Noureddine.
Illustrations by © Camille Noureddine.

Ce dernier (South Aulatsivik) a été mentionné dès les premières discussions sur le projet. Il s’agit plus précisément de la maison 4 du site de South Aulatsivik 6 (HdCi-20), situé sur l’île du même nom, dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador. Elle est datée du XIXe siècle et documente les pratiques domestiques des Nunatsiavumiut au moment de la colonisation morave. La fouille et l’étude de cette maison s’inscrivent dans le cadre de la thèse d’Héloïg Barbel (Université Laval) et d’une collaboration avec l’Archaeology Office du Nunatsiavut Government. Ce projet revendique une approche décoloniale de la recherche archéologique et vise à remettre en question les récits dominants sur la période coloniale, en mobilisant les savoirs et mémoires locales ainsi que l’héritage archéologique. Cet exemple démontre de l’intérêt qu’il y a à étudier les vestiges archéologiques coloniaux. En effet, ces archives matérielles permettent de repenser les discours sur le passé colonial en le décentrant des archives écrites, donc en le construisant non pas à partir de documents coloniaux mais avec les personnes qui ont résisté à ces entreprises.

 

Au Nunatsiavut, la colonisation est motivée par une volonté d’exploitation des ressources de ce territoire. Les mêmes enjeux motivent la colonisation russe de l’Alaska, comme en témoigne le site de Sun’alleq. Ces deux sites – mais aussi celui du parc National de Klondike Gold Rush, qui s’inscrit dans le contexte de la Ruée vers l’Or – illustrent le rôle et l’impact du capitalisme dans les mouvements coloniaux européens : de part et d’autre du continent, les colons s’installent pour tirer profit d’un territoire. Les fouilles archéologiques menées à Aulatsivik et à Sun’alleq fournissent des informations précieuses sur le rôle des natifs au sein de ces économies et permettent de mettre en évidence les stratégies de résistance autochtones et les failles des systèmes coloniaux.

 

Le parc National Historique de Klondike Gold Rush fonctionne comme une capsule temporelle en permettant au grand public de se promener parmi les vestiges archéologiques laissés in situ. Il ne s’agit pas d’un unique site, mais d’un ensemble de sites épars le long du chemin emprunté par les prospecteurs pour traverser les montagnes. Il représente un mouvement migratoire, un flux de personne dont l’arrivée au nord des montagnes marque un tournant crucial dans l’histoire de l’Alaska et du Yukon. Cet exemple permet d’aborder l’impact de la colonisation sur les modalités d’habitation des territoires, sur les déplacements, les représentations et les conceptions de l’espace – une thématique que développe Eloïg Barbel à propos de l’impact de la colonisation morave sur le mode de vie traditionnellement nomade des Nunatsiavummiut.

 

Enfin, les pensionnats autochtones du Canada (Canadian Boarding Schools) sont un exemple particulièrement parlant de la violence coloniale, de sa proximité dans le temps, de ses répercussions dans le présent et du rôle que peut jouer l’archéologie dans la reconnaissance et la réparation de ces actions. Ainsi, plusieurs communautés autochtones ont fait appel à des archéologues afin d’utiliser les méthodes de prospections géophysiques pour localiser et dénombrer les sépultures d’enfants associées aux pensionnats. La plupart du temps, ces décès et enterrements ne sont pas inscrits dans les registres écrits, c’est pourquoi l’archéologie a un rôle important dans le processus de documentation de ces derniers. Actuellement la violence institutionnelle des pensionnats autochtones, malgré ses conséquences traumatisantes sur les victimes et leurs communautés, n’est pas encore pleinement reconnue au Canada.

 

J’espère que ce projet vous aura permis d’en apprendre d’avantage sur l’histoire coloniale et récente de l’Amérique, ainsi que sur les manières d’écrire cette histoire et le rôle que peut avoir l’archéologie. Les sites choisis ne dépeignent pas un portrait exhaustif de l’histoire du nord du continent, mais ils permettent d’aborder plusieurs aspects de ce passé récent et colonial. Si vous le souhaitez, je vous invite à vous renseigner d’avantage sur cette période, à lire les ressources citées et à m’écrire pour toute question ou remarque.


Pour me contacter :

 
 
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